Philippe Crimet pêchant le saumon à la mouche sur la rivière Spey en Ecosse (Photo Thierry Willems)
Comment choisir une canne à mouche ?
Choisir sans se tromper la bonne canne à mouche

On choisit une canne à mouche en fonction de plusieurs critères.

L’action

On trouve communément trois actions.

Action Medium ou moyenne

Avec l’action Medium, la canne plie à peu près sur toute sa longueur. Cette action peut correspondre à l’action parabolique que l’on trouvait autrefois. Certains l’adorent, d’autres la détestent et la critiquent en disant que c’est une action molle. Si cette action peut être considérée comme molle sur certaines marques de cannes, ce n’est pas le cas pour les cannes LOOP d’action Medium qui sont douces avec une bonne réserve de puissance. Ces cannes permettent de pêcher plus fin en réduisant le risque de casse. C’était l’action des cannes LOOP Yellow Line, en particulier de la 8’8 #4 que j’adorais – et je n’étais pas le seul. On la retrouve sur les cannes LOOP Evotec CAST Medium. Mais cette action n’est pas faite pour tous les pêcheurs, en particulier pour ceux qui ont tendance à forcer quand ils lancent. Ceux-là, ainsi que les débutants, peuvent être désorientés par cette action.

Action Medium Fast ou moyennement rapide

L’action Medium Fast est l’action traditionnelle des cannes LOOP. C’est en fait l’action qui convient le mieux à la plupart des pêcheurs. C’est une action facile qui convient bien pour apprendre à lancer à la mouche car, pas trop rapide, elle laisse le temps au pêcheur de comprendre ce qui se passe, de sentir la canne travailler. On la retrouve dans la plupart des cannes LOOP et AIRFLO.

Action Fast ou rapide

L’action Fast ou rapide facilite le lancer en présence de vent, car elle permet de mieux le percer. On retrouve souvent cette action sur des cannes que je considère comme des triques, des cannes faites pour lancer loin mais dont les concepteurs semblent avoir oublié qu’une canne à mouche servait aussi à pêcher et qu’il faut pour cela ne pas casser au ferrage quand on pêche fin, et ne pas perdre le poisson parce qu’il se décroche trop souvent. J’ai eu une canne à truite comme ça, avec laquelle je cassais sur toutes les truites dès qu’elles atteignaient une belle taille, à moins que je ne monte en grosseur de fil, auquel cas les truites éduquées ne montaient plus aussi souvent sur la mouche. J’ai aussi eu une canne à saumon comme ça, avec laquelle je perdais au bas mot deux poissons sur trois, contre normalement moins d’un sur trois. Jusqu’à une époque récente, LOOP ne proposait pas de canne en action Fast à cause de ça. C’est la technologie Cross Core qui a permis à LOOP de réaliser des cannes rapides qui ne travaillent pas seulement de l’extrémité du scion. Du coup, ces cannes d’action rapide ne font pas que faciliter les longs lancers ; elles permettent aussi de pêcher. Et ça, ça change tout. Ces cannes étonnantes se retrouvent dans les séries LOOP Cross SX, Cross ST, Cross SW et Evotec CAST Fast.

Le nombre de brins

Autrefois en 2 brins, les cannes à mouche sont de nos jours en 3 ou 4 brins pour être plus faciles à transporter. Dans les cannes de plus de 9’, on trouve des cannes de voyage en 5 ou 6 brins. C’est important pour pouvoir ranger la canne dans un sac de voyage quand on prend l’avion et éviter que la canne voyage avec les objets encombrants, lesquels sont livrés plus tard à l’aéroport, parfois tellement plus tard qu’ils arrivent en retard, sur un autre vol, et pour lesquels la plupart des compagnies aériennes facturent un supplément par billet. Il n’est ainsi pas rare de devoir payer 50 € par billet, soir 100 € si l’on veut ramener sa canne, 200 € en cas d’escale, et encore plus si affinité… La différence de prix entre deux cannes est alors vite gommée à mesure que l’on voyage.

La puissance

La puissance est exprimée par un numéro précédé souvent du signe #. Ce numéro correspond au numéro des soies que l’on utilise pour lancer la mouche. Ainsi une canne marquée #5 signifie qu’elle est faite pour lancer une soie numéro 5. Certaines cannes possèdent un numéro, d’autres deux. Sachez qu’une canne marquée #5 et une canne marquée #5/6, c’est la même chose. Quand les soies respectaient le poids défini par l’American Fishing Tackle Manufacturers Association (AFTMA), pour une canne #5 ou #5/6, on conseillait une soie DT5 ou une WF6. Désormais, les soies DT sont largement moins utilisées, et certains fabricants comme AIRFLO ont suivi LOOP qui a optimisé le poids de ses soies à la puissance réelle des cannes à mouche. Dans ces deux marques, une canne #5 ou #5/6 est faite pour lancer une soie DT5 ou WF5. Certaines soies AIRFLO possèdent deux numéros comme les Sixth Sense et les soies Spey : il faut alors prendre en considération le plus petit numéro, et pour une canne #5 ou #5/6, prendre une WF5/6. C’est simple. Certaines soies AIRFLO ont une âme Power Core, très peu élastique (6% contre 20%). Avec ces soies on peut augmenter d’un numéro pour un lancer plus facile à grande distance ou en présence de vent, car il n’y a pas à vaincre l’élasticité de la soie pour lancer. Pour les soies AIRFLO Spey, il faut respecter le numéro : sur une canne #9 ou #9/10, il faut prendre une soie AIRFLO Spey WF9/10. Une soie plus lourde serait trop lourde.

La longueur

La longueur d’une canne à mouche s’exprime en pied (1' = 30,48 cm) et en pouce (1" = 2,54 cm), étant entendu qu’il y a 12" dans 1'.

Il faut savoir qu’on distingue les cannes à une main, avec lesquelles on tient la canne avec une seule main, et les cannes à deux mains, avec lesquelles on tient la canne des deux mains. Une troisième catégorie de cannes a vu le jour : les cannes Switch. Ce sont des cannes d’environ 11', avec lesquelles on lance normalement à deux mains, que l’on pourrait éventuellement utiliser à une main, mais qui ont été conçues pour lancer en Switch Cast, une variante du Spey Cast, un lancer rouler avec changement de direction et gain de distance que l’on pratique avec des shooting heads ou des soies qui en ont le profil.

La longueur la plus passe-partout pour une canne à mouche à une main, c’est 9', c’est-à-dire 2,74m. Si la canne fait moins de 8'6, on considère qu’elle est courte ; si elle fait plus de 9'6, on considère qu’elle est longue.

Les cannes courtes servent à pêcher dans des endroits où il y a beaucoup de végétation et pas beaucoup de place pour passer, souvent sur des petits cours d’eau. Les cannes longues permettent de passer plus facilement au-dessus de la végétation qu’on a derrière soi, et de plus facilement contrôler la dérive de la soie en rivière. Elles permettent aussi de lancer facilement vite et loin en réservoir.

Les cannes de 9' sont les plus passe-partout. C’est pourquoi elles sont déclinées dans à peu près toutes les puissances, de la soie de 3 à la soie de 12. On les utilise aussi bien pour pêcher la truite en sèche, en noyée ou à la nymphe, en rivière comme en réservoir, mais aussi pour pêcher le brochet ou la carpe, ou pour pêcher en mer des poissons comme le bar et le mulet, ou encore le bonefish et le tarpon. Naturellement on n’utilisera pas la même puissance de canne pour pêcher chacun de ces poissons. En mer, les cannes de 9’ sont plus faciles à utiliser contre le vent et moins fatigantes pour lutter avec des poissons combatifs, que ne le seraient des cannes plus longues.

Les cannes à deux mains commencent à 12’ où elles sont considérées comme courtes. Les cannes de 13’ à 13’6 sont souvent considérées comme normales de nos jours. Tandis que les cannes de 14’ et de 15’ sont désormais considérées comme longues. Arthur Oglesby conseillait en son temps les 14’ pour les femmes, souvent plus petites et moins musclées que les hommes. Car pour les hommes, Arthur conseillait les cannes de 15' pour pêcher la rivière Spey en Ecosse, et en Spey Cast. Dans la mesure où Arthur était alors considéré comme la sommité de la pêche du saumon à la mouche, et qu’il était celui qui avait appris à pêcher le saumon à la mouche à tant d’autres pêcheurs dont Hugh Falkus, le grand spécialiste en son temps de la truite de mer, il était prudent de lui faire confiance sur une question dont il semblait avoir fait le tour – plus de 1.000 saumons à son actif pris en Grande-Bretagne et en Norvège où il captura son plus gros saumon à 49 ½ livres, qui fut aussi son plus grand regret car il était juste au-dessous de cette barre fatidique des 50 livres.

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Thierry Willems pêchant le saumon sur la rivière Spey en Ecosse (Photo Emmanuel Gladel)

Thierry Willems pêchant le saumon sur la rivière Spey en Ecosse - Canne LOOP 15' #10
(Photo Emmanuel Gladel)