Klaus Frimor faisant un lancer Spey scandinave Underhand Cast sur le Rio Gallegos, Patagonie Argentine (Photo Thierry Willems)
Le Lancer Spey Scandinave
Underhand Cast ou Switch Cast

C’est lors d’une de mes visites chez AIRFLO que j’ai, pour la première fois, entendu parler du Switch Cast, une variante du Spey Cast utilisée par les Scandinaves m’a-t-on expliqué. Et c’est en 1994, lorsque j’ai commencé à travailler avec LOOP, que j’ai appris que c’était Göran Andersson, un des associés fondateurs de LOOP, qui avait inventé et mis au point ce lancer qu’il nommait Underhand Cast (littéralement lancer avec la main du bas), mais que les Anglais avait rebaptisé Switch Cast (qu’on peut traduire littéralement par lancer avec changement).

Le lancer Spey Scandinave (Underhand Cast)

Göran a appris à pêcher à la mouche à la dure. Petit, son père l’emmenait à la pêche, mais il n’avait le droit que de regarder sans faire de bruit. Quand son père a estimé qu'il avait l’âge de tenir une canne à mouche, il lui a offert un équipement, mais, la première année, Göran n’eut le droit que de lancer sur l’herbe, juste pour apprendre à lancer. L’année suivante, il eut le droit de lancer sur l’eau, mais rapidement son père lui a interdit de pêcher les poissons faciles. Göran n’avait le droit que de pêcher dans des conditions difficiles, des poissons sous des branches ou derrière un rocher, ou avec un mur ou des arbres juste derrière lui. Et il a dû se débrouiller tout seul. C’est ainsi qu’il a essayé différentes techniques et qu’il s’est mis à pêcher en rouler, à essayer de gagner de la distance ainsi que de changer de direction… Il a en quelque sorte réinventé le Spey Cast, qu’il ne connaissait pas.

Se rendant compte que les soies DT ne facilitaient pas le shoot, lequel se faisait sur la partie épaisse de la soie, il eut l’idée de couper ses soies en deux, et de les raccorder à une ligne fine et parallèle pour les transformer en shooting head. Et il s’est rendu compte qu’il était possible de réaliser des shooting heads plus ou moins courtes pour d’adapter aux conditions : moins il y a de place pour lancer, plus il est intéressant d’avoir une tête de lancer courte et lourde pour actionner la canne le plus vite possible. Mais son lancer aussi est particulier. Au lieu de relever la canne, puis de la basculer, il fait un mouvement continu sur le côté avant de relever la canne à la verticale pour ancrer la ligne. Et, au lieu de lancer avec la main qui tient le haut de la poignée de la canne, il se sert de celle qui tient le bas de la canne, le talon : il tire sur le bas de la canne. Du coup, il place la main du haut non pas en haut de la poignée, mais beaucoup plus bas, plus près du moulinet : il se sert de cette main comme d'un pivot. Il en résulte une très grande puissance, laquelle peut d’ailleurs aboutir à la casse de la canne si celle-ci n’est pas bien solide.

Göran a montré et démontré ce lancer. Il a donné des cours de lancer et fait des émules.

Klaus Frimor est un ancien élève de Göran Andersson. Il travaille aussi pour LOOP et participe à la mise au point des cannes et des soies. Sur les photos de cette page, on le voit pratiquer l’Underhand Cast avec une canne à une main, l’aisance avec laquelle il lance et l’efficacité de la technique. Tout est dans la technique et pas dans la force physique. On voit très bien que le mouvement du bras qui tient la canne, est très limité : il abaisse principalement le coude et légèrement l’avant-bras, c’est tout. Il ne pousse pas. De la main gauche, il tient la soie et fait une forme de double-traction afin d’accélérer la vitesse de la soie. Et ça part… Loin, très loin. Comment en est-il arrivé là ? Deux heures d’entraînement quotidien pendant un an, sans pêcher, juste pour s’apprendre à lancer, à se maîtriser pour comprendre, sentir et faire le bon geste. De la discipline, beaucoup de discipline, de la persistance en prenant la chose très au sérieux. Le résultat est là : Klaus est l’un des meilleurs lanceurs au monde.

Klaus compare le lancer en Underhand Cast avec une canne à deux mains et avec une canne à une main : c’est pareil. Klaus explique qu’il obtient la vitesse de la soie, son accélération, en actionnant la main du bas. Avec une canne à deux mains, cette accélération s’obtient en tirant sur le talon de la canne avec la main du bas. Avec une canne à une main, cette accélération se fait en tirant sur la soie avec la main qui la tient, celle du bas. Le mouvement du coude donne beaucoup de puissance au lancer. Le bras de la main qui tient la canne sert surtout à diriger la soie. Comme on le voit très bien sur les photos, il bouge peu. Le moins qu’on puisse dire, c’est que Klaus ne gesticule pas. Il considère que tout mouvement superflu du bras qui tient la canne nuit au lancer et à sa précision. Le voir lancer est impressionnant : de la technique, rien que de la technique, pas de force superflue. Ce qui lui permet de pêcher ainsi durant des heures, sans fatigue. Et quel style, quelle élégance, quelle facilité apparente !

L’expression « Underhand Cast » va donc très bien pour décrire ce lancer : c’est explicite. Pourtant, les Anglais l’ont rebaptisé Switch Cast, et comme l’anglais, c’est leur langue, il est difficile de le leur reprocher.

Pour comprendre, il faut essayer de revenir aux origines de l’appellation Switch Cast.

Comme le sujet est vaste et que je n'ai pas fini de tout écrire, de rassembler les photos et de composer les pages, je vous proposerai la suite dans les jours à venir.

A suivre.

Page suivante : Le Lancer Switch Cast

Page précédente : Le Lancer Spey à Deux Mains ou Spey Cast

Retour à la Foire Aux Questions
Klaus Frimor faisant un lancer Spey scandinave Underhand Cast sur le Rio Gallegos, Patagonie, Argentine (Photo Thierry Willems)
Klaus Frimor faisant un lancer Spey scandinave Underhand Cast sur le Rio Gallegos, Patagonie, Argentine (Photo Thierry Willems)

Klaus Frimor faisant un lancer Spey scandinave Underhand Cast sur le Rio Gallegos, Patagonie, Argentine (Photos Thierry Willems)


Thierry Willems et une truite de mer prise à la mouche sur le Rio Gallegos, Patagonie, Argentine (Photo Thierry Willems)

Thierry Willems et une truite de mer prise à la mouche sur le Rio Gallegos, Patagonie, Argentine
(Photos Thierry Willems)